mercredi 30 janvier 2019

Faire réfléchir sur la poésie : en compagnie de Prévert

La poésie est paradoxalement le genre littéraire sans aucun doute le plus expérimenté par nos élèves (sondez-les pour savoir combien d´entre eux ont déjà écrit un poème, une nouvelle ou une pièce de théâtre) et dans le même temps difficilement définissable, si ce n'est par sa forme.

Un extrait d'entretien (téléchargeable ici) entre Jacques Prévert et André Pozner se révèle être un bon déclencheur de discussion et de débat avec nos élèves. Pourquoi écrivons-nous de la poésie ? Écrire de la poésie aujourd’hui a-t-il encore un sens ? Pourquoi en lire ? Connaissez-vous des poètes vivants ? Y a-t-il des cultures et des pays où la poésie occupe encore une place prépondérante ?

Au-delà de la réflexion, il est possible de mener avec les élèves un travail de langue sur le discours rapporté, comme proposé dans la fiche de grammaire ici.

Comme il est toujours important de donner à voir, voici un court entretien télévisuel avec Jacques Prévert :


L'on pourra poser cette unique question dans le cadre d´une utilisation pédagogique du document vidéo : Jacques Prévert dans cet extrait correspond-t-il à l'image que vous vous représentez d´un poète ? 

mercredi 19 décembre 2018

Analyser un discours publicitaire : Mamie Nova (2)

La marque Mamie Nova a fait tourner dans les années 80, en 1988 très exactement, une série de spots publicitaires au réalisateur Claude Miller, qui mérite amplement sa place dans notre étude sur le discours publicitaire (débutée avec un premier article ici).

Arrêtons-nous sur l'un d'entre eux.

Le spot présente deux grands-mères d'allure bourgeoise, jalouses de Mamie Nova. Elles s'énervent contre elle, vitupèrent, "rouspètent", comme le dit l'une d'elles, inscrivant la publicité dans un registre comique. Nous sommes devant une séquence discursive dialoguée, clôturée par une voix off masculine énonçant le slogan de la marque, le célèbre "Mamie Nova, les mamies ne lui disent pas merci".

Transcription du dialogue ici.


 
Dans la publicité précédemment étudiée, il s'agissait d'un discours qui imitait le dialogue, composé de questions-devinettes et de réponses, prises en charge par un seul et même énonciateur. Les auteurs Adam et Bonhomme décrivent à ce sujet un "dialogisme mimé" et notent que "la plupart des devinettes publicitaires sont de fausses énigmes, elles donnent immédiatement la solution afin de ne pas frustrer le lecteur et d'éviter de l'égarer dans des supputations aléatoires au détriment de la mémorisation du produit" (L'argumentation publicitaire, 2005)
Il s'agissait de faire la description d'un produit et le portrait de son icône : "Mamie Nova ? C'est une gentille grand-mère qui vit à la campagne et qui fait de succulents desserts". Mamie Nova s'incarnait dans le texte et dans l'image.

Dans le spot de Claude Miller, c'est dans la parole de l'autre qu'elle s'incarne. Absente visuellement, elle est présente en permanence dans le discours des deux grands-mères. Il n'est plus besoin de la présenter. C'est déjà une star, nous y reviendrons... Le dialogue expose un conflit entre une grand-mère et son petit-fils, qui préfèrent le fromage blanc de Mamie Nova, et qui met de facto cette dernière sur un piédestal.

La publicité met donc en scène un antagonisme, une rivalité entre les grands-mères et Mamie Nova. Le système énonciatif nous le confirme : le "je" et le "vous" de politesse s'agrègent dans un "nous" englobant et généralisant, qui inclut toutes les grands-mères et s'oppose à l'originale Mamie Nova désignée par les pronoms personnels "elle" et "lui". Dans la réplique finale de la voix off, d'ailleurs, nous trouvons l'article défini "les", à valeur générique. Rappelons-la : "Mamie Nova, les mamies ne lui disent pas merci." Avec un groupe d'élèves, il sera intéressant de leur montrer que cet énoncé relève du slogan et de la poésie. Poétiquement, en effet, on note l'assonance en [i], qui appuie et rythme la phrase, et en fait un vers léonin, la césure à l'hémistiche le scindant en deux heptasyllabes rimant en [i] ("Mamie Nova, les mamies / ne lui disent pas merci"). Remarquons par ailleurs la paronymie des deux mots rimés ("mamie" et "merci").

La situation conflictuelle s'est en réalité déjà produite. En effet, nous pouvons relever l'usage de deux déictiques à valeur temporelle, "cette fois-ci" et "encore", qui indiquent le caractère répété de la situation. Et il est tout à fait certain qu'elle se reproduira : "Elle nous aura jusqu'au trognon", dit Yvonne, l'une des deux grands-mères. Le goût des enfants pour les desserts de Mamie Nova n'est pas passager, ce n'est pas un caprice, voilà ce dont on veut convaincre le consommateur.

L'antagonisme décrit se mesure également à des indices sémantiques. Les élèves auront relevé et commenté dans la première publicité l'adjectif (à valeur axiologique, pour être précis) "gentille" pour caractériser Mamie Nova. A l'opposé, le scénario du spot publicitaire nous présente deux bourgeoises acariâtres, Maud et Yvonne, qui râlent contre Mamie Nova. 
Faisons-les décrire aux élèves : leur classe sociale transparaît dans leur tenue vestimentaire (chapeaux, collier de perles, boucles d'oreille, tailleurs élégants et classiques, gants) et leur mimo-gestuelle (expression du visage, intonation offusquée). Leur discours, marqué par l'émotion, emprunte, par contre, beaucoup au registre populaire, ou familier. Les mots, que Maud emploi ("Crotte, zut, flûte"), qui initient la conversation, signalent d'emblée l'émotivité de son discours. Ces interjections, qui portent en eu une valeur pragmatique, accomplissent un acte de parole, à savoir, le fait de râler, de pester (tout comme l'onomatopée "pfft" accomplit l'agacement, voire le mépris). Ce qui prédomine alors, ce sont des termes qui appartiennent au langage populaire, qui tranche avec le statut social des deux locutrices : "dérailler", "rouspéter", "casser des pieds", "avoir jusqu'au trognon". Certes, nous pouvons relever l'emploi du vouvoiement et d'un "Pardonnez-moi" poli. Cette forme d'interférence lexicale (registre populaire / registre de politesse) est la marque de leur affectivité, le symptôme d'un dérèglement, d'une perte de contrôle, dont elles sont conscientes, et que l'une verbalise ("Voyons Maud, vous déraillez"). Les deux grands-mères apparaissent alors aux des téléspectateurs d'autant plus risibles et discréditées.

En réalité, l'antagonisme entre les grands-mères et Mamie Nova met à jour un deuxième topos qui sous-tend le discours publicitaire de la marque. Non seulement, il faut convaincre les consommateurs que les desserts Mamie Nova sont bons, parce qu'ils sont fabriqués dans le respect de savoir-faire traditionnels (voir notre précédent article), mais également qu'ils sont différents de ceux des grands-mères, car celles-ci aussi représentent la tradition.

Nous verrons donc, dans un troisième article, comment se met en place, à travers une autre campagne publicitaire de la marque, un deuxième topos selon lequel ce qui est nouveau est original et bon.

mercredi 14 novembre 2018

Analyser un discours publicitaire : Mamie Nova (1)

Mamie Nova fait partie de ces icônes publicitaires que l'on peut suivre sur plusieurs décennies, et qui permettent de faire entrer nos élèves apprenants de français dans la culture française.
Je me propose ainsi, le temps de plusieurs articles, d'étudier plusieurs publicités de la marque. On pourra avec profit poursuivre les objectifs suivants en cours de FLE : 
- observer et analyser l'image publicitaire,
- étudier les procédés poétiques à l’œuvre dans le discours publicitaire,
- comprendre des stéréotypes culturels et des topoi argumentatifs,
- travailler sur l'interculturel.

Voici une publicité datant des années 70 qui fonde la marque et le topos qui sous-tend le discours publicitaire.


D'emblée, ce qui se donne à voir, au niveau iconique, c'est l'inscription du produit, ici le dessert Mousscolat dans une tradition, un savoir-faire ancestral.
La composition de l'image est nettement inspirée de portraits de la Renaissance : on peut penser à la Dame à la licorne (1505-1506) et au Portrait de Maddalena Doni (1506) de Raphaël, plus encore à celui qui les a peut-être inspirés, La Joconde (1503-1506) de Léonard de Vinci, un tableau connu de tous nos élèves.
Chacun de ces tableaux procède de même : personnage féminin au centre d'une composition pyramidale, attention sur les mains (soit elles tiennent une licorne, soit la main droite est posée sur la main gauche), arrière-plan constitué d'un paysage de campagne et d'un ciel nuageux. C'est donc à la suite d'une série d'icônes classiques que s'inscrit cette représentation de Mamie Nova. Par là, elle appartient à une tradition. 

La dame à la licorne, Raphael (1505-1506)
L'image occupe les deux tiers de la publicité. Mamie Nova y est représentée au centre, vêtue d'une robe bleue au col blanc et d'un tablier attaché par un ruban rose. Assise au premier plan sur un tabouret (celui lequel on s'assoit pour traire les vaches), elle tient un seau de bois rempli de lait (fraîchement trait à l'ancienne, peut-on supposer). Au deuxième plan, se trouve une ferme, une meule de foin, des arbres, un chemin de terre, des collines, bref, un paysage de campagne. L'arrière-plan est constitué d'un ciel bleu et de nuages blancs. La couleur blanche, associée au lait, sans être dominante, est omniprésente : elle se retrouve dans des éléments de la ferme, le feuillage des arbres, le col et les ourlets du vêtement, et jusque dans les anneaux du seau et les cheveux de Mamie Nova.

Tous ces éléments iconiques ont leur place dans l'argumentaire de la publicité et se trouvent exprimés dans le texte qui accompagne l'image. Le système sémiologique textuel redouble le système de signes mis en place par l'image. De même que la composition du portrait met en relief Mamie Nova, le présentatif "c'est" en fait de même au niveau énonciatif. La structure linguistique se retrouve dans le slogan : "C'est comme si on les mangeait à la ferme." Celui-ci confirme l'association organisée dans l'image : les desserts Mamie Nova sont fabriqués avec un savoir-faire traditionnel, comme "à la ferme", comme "à la campagne" (l'expression est tirée du texte). Une phrase non-verbale, qui comprend un adverbe déictique temporel, et à laquelle sa brièveté donne une portée conclusive, opère la même analogie : "comme autrefois". Au niveau sémantique, nous pouvons enfin remarquer l'usage du substantif secret, qui renvoie autant au secret de fabrication, qu'aux recettes de grands-mères et au secret ancestral, trois expressions idiomatiques à faire connaître à nos élèves.

Il ne suffit pas que les desserts de Mamie Nova soient traditionnels, issus d'un savoir faire ancestral, encore faut-il qu'ils soient bons ?
Demandons-le à nos élèves. Ils pourront identifier ce que l'on appelle en analyse du discours des lexèmes : "succulents", "bon lait", "vraies gourmandises". 
Au niveau iconique, la forte présence de la couleur blanche connote l'excellence du produit. Il ne faut pas aller loin dans la symbolique pour associer le blanc à la virginité et à la pureté, et dans notre cas, à la qualité, au bon de goût des mousses de Mamie Nova. 

Ainsi se construit le topos suivant, sur lequel j'aurai l'occasion de revenir dans un prochain article : ce qui est traditionnel est bon.

Publicité à télécharger ici.

mercredi 31 octobre 2018

Définir l'indéfinie poésie

Extrait du Robert & Clé international
"La grande feuille de papier posée devant lui, sur la table, est couverte d'écriture, des lignes brèves.
Je m'informe :
- C'est un poème ?
- Non. On appelle ça un poème, je n'ai pas compris, pourquoi un poème est-il un poème ?
- Tout le monde, même Larousse, vous appelle poète.
- On m'appelle poète, je n'y peux rien, moi je n'ai jamais eu une carte de visite avec marqué poète. Il y a tellement de poètes ! Moi, je ne sais pas, je peux répondre ce que je réponds toujours, Lorca a répondu : "La poésie, je ne sais pas ce que c'est." Et Henri Michaux a dit : "La poésie, je n'en sais rien." Et puis, c'est toujours pareil, aujourd'hui c'est la poésie, est-ce qu'une chanson est poétique ou non ? qu'est-ce que c'est, poétique ? ce sont des discussions analogues à celles d'autrefois, quand l'abbé Brémond faisait un traité sur la poésie pure ! Chacun a ses idées, il y a un nom plus marrant encore : concept ! La conception est toujours immaculée, souvent inoculée. Il y a des choses, plutôt que d'en parler, il vaut mieux les faire.
Prévert se tait soudain, longtemps, les yeux grands ouverts. Puis il dit :
- La poésie, c'est ce qu'on rêve, ce qu'on imagine, ce qu'on désire et ce qui arrive, souvent. La poésie est partout comme Dieu n'est nulle part. La poésie, c'est un des plus vrais, un des plus utiles surnoms de la vie."


André Pozner, Entretien avec Jacques Prévert
repris dans l'avant-propos de Jacques Prévert, un poète, Folio junior en poésie


mercredi 3 octobre 2018

Travailler la lecture expressive : Mutation de Guillaume Apollinaire

Dans quelques semaines, le 9 novembre, il y aura cent ans que Guillaume Apollinaire est décédé de la grippe espagnole.
Ce poète immense a laissé des textes d'une grande force consacrés à son expérience de la première guerre mondiale, et publiés dans son recueil Calligrammes (1918).

Des poèmes comme Mutation, Un oiseau chante ou Fusée-signal (d'autres plus connus comme Le pont Mirabeau), ont fait l'objet de très beaux courts-métrages d'animation réunis dans une collection de France.tvéducation.

A visionner ici.


Pour ma part, j'ai choisi dans le cadre d'une séquence pédagogique autour de témoignages de poilus d'étudier avec les élèves le poème Mutation, un texte simple et poignant, dont le sens ne se donne pas d'emblée. Une difficulté à laquelle il convient de confronter les élèves. Il s'agit alors de les accompagner dans leur questionnement et leur interprétation du texte : pourquoi "les tranchées qui blanchissaient", pourquoi des "allumettes qui ne prenaient pas", ne manqueront pas de demander vos élèves. 
Des pistes de lecture se dégageront : le traumatisme de la guerre et la représentation morcelée du réel, l'esthétique moderne et le lyrisme mesuré du poète.

La deuxième partie de la séance de cours sera consacrée à une activité de lecture polyphonique : par groupe de trois, l'on peut demander aux élèves de faire une lecture expressive du poème d'Apollinaire qui rendent compte de leur compréhension. Articulation, synchronisation et expressivité sont les aspects à travailler.

Le visionnage du court-métrage permettra soit de leur montrer un modèle et de stimuler leur créativité, soit, après une première lecture faite, de leur proposer un élément de comparaison pour l'améliorer et l'amplifier. Le travail d'interprétation des interjections du poème dans ce film d'animation est particulièrement remarquable et peut mener à des échanges avec les élèves.

Quelques mots sur Guillaume Apollinaire et le visionnage d'un autre court-métrage (demandons à nos élèves de préparer pour une séance suivante la lecture expressive du poème correspondant), peuvent conclure la séance d'hommage au grand poète.

Poème ici, accompagné d'extraits de la correspondance de Guillaume Apollinaire à Madeleine Pagès.

Ici un article consacré à l'exploitation d'une planche de Tardi, extraite de La Fleur au fusil, document déclencheur de ma séquence.

mercredi 26 septembre 2018

Accorder ou ne pas accorder

Il y a quelques semaine, à l'initiative de deux enseignants belges, a resurgi le débat sur la langue française dont nous sommes coutumiers : la question portait plus précisément sur le fait de simplifier (de l'améliorer, disent nos deux collègues) la règle d'accord du participe passé employé avec l'auxiliaire avoir.

Le hasard fait que, sans lien avec cette actualité, mais dans les jours qui suivirent la tribune publiée sur le sujet, j'ai donné à mes élèves une dictée (un extrait de L'âge d'homme de Michel Leiris) qui comprenait un bel accord avec le COD placé devant le verbe avec l'auxiliaire avoir.

Je ne suis pas un fin connaisseur de l'histoire de l'orthographe, je suis un usager de la langue française et un professionnel de son enseignement / apprentissage, et j'ai la chance d'enseigner depuis la rentrée à une classe de 25 élèves de troisième au niveau hétérogène (forcément), mais dont la tête de classe est constituée d'au moins une dizaine d'élèves maniant bien ou très bien le français, à l'oral et à l'écrit.

Il se trouve qu'aucun de ces 25 élèves de 14 ou 15 ans n'a fait le difficile accord dans sa dictée. L'accord qui s'entend à l'oral ("les fleurs que je t'ai offertes"), ils ont admis qu'ils le faisaient, mais celui qui s'écrit uniquement, non. Ce sont eux, et leur génération, et la génération qui vient après, qui feront évoluer la langue, qui la font déjà évoluer apparemment... Quant à moi, je continuerai patiemment à expliquer à mes élèves "la règle la plus difficile de la grammaire française".

mercredi 29 août 2018

Parler de soi : une généalogie mythique

Une envie de changer sa prise de contact avec les élèves en début d'année ? Voici une activité didactisée pour un niveau français langue maternelle de troisième tout à fait adaptable pour un public d'apprenants FLE lors d'un premier cours.

Avec des élèves français, dont l'un des objets d'étude du programme est l'autobiographie, le poème suivant d'Alain Bosquet, poète naturalisé français originaire d'Odessa, constitue une excellente matrice d'écriture de soi.


Généalogie 
Arrière-petit-fils d’un océan
sage et lettré, petit-fils d’un reptile
qui annonçait les tremblements de terre,
fils du feu et de la neige invisibles,
père d’une montagne à marier,
grand-père d’un soleil qui ne se couche
jamais sur ce pays, je dors. Passant,
beau passant ! laisse-moi ton ombre fraîche :
elle est trop chaude mon éternité.

Alain Bosquet, Quatre testaments et autres poèmes, 1967

Trois axes pourront guider la lecture compréhension du poème :
- le titre : pourquoi ce poème s'intitule-t-il Généalogie ? Quel est le point commun de tous les ancêtres et descendants ?
- l'énonciation : qui s'exprime ? A qui s'adresse-t-il ?
-
l'identité de l'énonciateur : un démiurge ? Un dieu de la nature ? Un poète ?


L'on pourra demander ensuite à nos élèves d'écrire leur généalogie mythique en suivant la forme du poème d'Alain Bosquet. (Nos élèves de la gent féminine ne manqueront pas de substituer arrière-petit-fille à arrière-petite-fille, petit-fille à petite-fils, etc.)
Une manière détournée d'introduire les problématiques de l'autobiographie (identité, vérité et légende), une manière de faire se présenter les élèves autrement et de commencer à les connaître. 

Poème à télécharger ici.

mercredi 13 juin 2018

Faire progresser à l'oral

Voici une activité qui se prête bien à une préparation de l'épreuve de production orale du DELF, niveau A2 (monologue suivi) ou B1 (entretien dirigé), puisqu'il s'agit de faire travailler à l'oral le récit au passé.



La tâche à réaliser comporte un sujet (raconter un événement marquant de son enfance), une consigne de longueur (parler de façon continue pendant au moins une minute), une consigne linguistique et pragmatique (exprimer un sentiment), des contraintes implicites (emploi du passé composé et de l'imparfait, et de connecteurs temporels).
Si besoin, un exemple de production d'élèves enregistré permettra de rendre explicite ces contraintes.

De façon à individualiser l'apprentissage, il est alors intéressant d'avoir recours au numérique en demandant aux élèves de s'enregistrer et de déposer leur production sur un mur virtuel, de type Padlet (l'application permet de s'enregistrer directement à partir du mur collaboratif créé).

Deux déroulements, présentant un étayage différent de l'activité sont possibles. Le premier est de demander aux élèves d'écrire leur texte sur le mur, de le corriger et de le valider, avant de leur demander de s'enregistrer. Dans ce cas, la compétence discursive fait l'objet d'une attention plus grande.

Le second est de leur demander uniquement de s'enregistrer. Dans ce deuxième cas de figure, l'objectif de l'activité est de travailler la spontanéité et le naturel à l'oral, pour un public B1. Il est alors possible de commenter individuellement, ou en groupe classe, la production de chaque élève (prononciation, intonation, en particulier) : une deuxième production peut être demandée pour faire progresser les apprenants.

Fiche pédagogique détaillée ici.